Chath pierSath

A la croisée des chemins

 

Chath Piersath a choisi le collage comme medium privilégié de son expression artistique. Nomade, déraciné, voyageur, réfugié et immigré, Piersath recolle les morceaux de sa vie en travaillant systématiquement sur un matériel qui n’a, au départ, pas de réelles fonctions artistiques. Les oeuvres présentées à la Galerie Lee du 4 au 13 Janvier 2018 ont été exécutées lors d’un séjour de l’artiste à Istanbul en 2012. Piersath a pris connaissance d’une bande dessinée populaire en Turquie dans les années 1970. Mais celui-ci s’empare du livret et le recouvre de papiers collés puis le repeint à l’acrylique. Les traces des illustrations de la BD sont au bout du processus à peine visibles. Il reste un mot ou une lettre. Le support original est donc devenu non identifiable. Piersath compose des silhouettes et/ou visages à moitié cachés, qui souvent regardent de côté. Une main d’un papier collé vient cacher un oeil, une silhouette est entière mais une partie du visage est assombrie par un papier plus foncé. Le fond est rythmé par des éclats de couleur et donne l’impression d’un paysage en mouvement. L’environnement semble être le reflet des pensées du protagoniste. Reflet de ses angoisses, incertitudes mais aussi de son propre voyage intime. Car Piersath veut « raconter les histoires intimes de chaque être, au-delà de l’apparence d’une silhouette. »

 

            Travailleur prolifique, enthousiaste et jamais à cours d’idée pour repeindre et recouvrir de papiers collés un sac en papier, des cartes à jouer ou une invitation à un vernissage, Piersath travaille de longues heures et souvent la nuit. C’est la question du déplacement et la sensation de ne jamais appartenir à un endroit qui l’obsèdent. La seule vérité de Piersath n’est donc pas l’extérieur qui déstabilise les individus mais le monde intérieur qui se déploie et domine le paysage qui n’est presque plus visible. L’artiste semble vouloir conquérir son environnement pour combattre la tristesse du déracinement. On comprend mieux sa pratique qui consiste à retravailler des matériels existants. Il les transforme complètement en écho à l’exilé ou au nomade qui fait d’un environnement hostile un foyer provisoire par la seule force de son imagination et de son monde intérieur. Piersath est né au Cambodge en 1970. Enfant des camps de réfugiés, il suivra son grand frère aux Etats-Unis à l’âge de 11 ans. Eduqué en Amérique du Nord, il garde ce sentiment de n’appartenir à aucun pays et revient régulièrement au Cambodge pour travailler dans le secteur humanitaire. Aujourd’hui fermier dans le Massachusetts pendant une partie de l’année, voyageur en Europe et au Cambodge le reste du temps, Piersath produit ses collages quel que soit l’endroit où il se trouve pour faire de sa manière de vivre - sans cesse à la croisée des chemins – l’essence de son identité artistique. 

EXPOSITION 

du 4 au 13 janvier 2018 

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