Entre images et mémoire…
La peinture est à la fois une manière de regarder le monde et une exploration de l’intériorité.
Dans les œuvres de Qi Ning, figures humaines, paysages et formes abstraites s’entrelacent pour composer un univers visuel ouvert et pluriel. Qu’il s’agisse des relations subtiles entre les personnages ou des émotions qui traversent les paysages, les images ne cherchent pas à raconter une histoire achevée. Elles ouvrent plutôt un espace où les sensations peuvent émerger librement, entre formes et couleurs.
La figure humaine constitue l’un des fils conducteurs de la démarche de Qi Ning. Les postures, les expressions et les distances, parfois imperceptibles, qui séparent les êtres semblent porter en elles des fragments de mémoire, à la fois flous et profondément familiers. Des émotions difficiles à nommer affleurent peu à peu à la surface de la toile. La mémoire n’est plus alors le simple récit du passé, mais une perception vivante, en perpétuelle transformation.
Des figures aux paysages, du figuratif à l’abstrait, les œuvres explorent différentes possibilités plastiques et révèlent une recherche constante autour du langage pictural. Elles n’ont pas besoin de s’inscrire dans un récit unique : chacune existe de manière autonome, tout en laissant apparaître, au fil du regard, des résonances discrètes avec les autres.
Présentée à la Galerie Lee, à Paris, cette exposition invite le visiteur à suspendre sa quête de réponses immédiates, à s’approcher des œuvres et à accueillir les émotions et les temporalités qui se dissimulent derrière les images. Dans l’espace créé par la peinture, nous découvrons non seulement le regard que l’artiste porte sur le monde, mais aussi, peut-être, ces instants enfouis dans notre propre mémoire, qui n’ont pas encore trouvé leur nom.
La peinture n’a pas nécessairement besoin de tout dire. Parfois, une figure, une touche de couleur ou un espace laissé en suspens suffisent à donner aux émotions un lieu où exister.